
En 2022, un diplôme scientifique ne garantit plus automatiquement une place dans les secteurs traditionnels. Les entreprises privilégient désormais des compétences hybrides, alliant expertise technique et capacité d’adaptation. Les recruteurs cherchent des profils capables de naviguer entre plusieurs disciplines.
Les statistiques montrent une évolution rapide des besoins, marquant un écart entre la formation initiale et les attentes du marché. Certains métiers jusqu’alors jugés secondaires gagnent en attractivité, tandis que d’autres, historiquement prisés, peinent à recruter. Les tendances de l’emploi scientifique se dessinent autour de ces nouveaux critères.
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Plan de l'article
Pourquoi les métiers en S attirent-ils autant en 2022 ?
Les professions scientifiques caracolent en tête des métiers plus recherchés par les entreprises. Plusieurs dynamiques expliquent cet engouement. D’une part, le marché du travail connaît une mutation profonde : digitalisation à marche forcée, virage écologique, percées médicales. Autant d’impulsions qui créent une demande accrue pour des compétences techniques bien affûtées, capables d’attaquer des problématiques concrètes.
Dans cet écosystème, certains métiers en tension peinent à attirer, même lorsque les rémunérations suivent la courbe de la demande. France Travail observe une progression constante des projets de recrutement dans les domaines de la santé, de la cybersécurité ou encore de l’environnement. Ceux qui combinent maîtrise technique et capacité à piloter des projets font figure de favoris sur le marché.
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Voici les grands pôles qui concentrent cette recherche de talents :
- Ingénierie : automatisation, intelligence artificielle, industrie verte.
- Santé : biotechnologies, recherche médicale, dispositifs connectés.
- Sécurité : cybersécurité, gestion des risques, data science.
La difficulté à recruter dans les métiers en tension pèse sur tous les secteurs : la rareté de profils qualifiés alimente la concurrence entre employeurs, qui revoient leurs offres et adaptent les postes. Les métiers en S, où sciences et techniques s’entremêlent, concentrent les attentes d’un marché qui réclame agilité et spécialisation. La France doit accélérer la formation pour combler ces besoins croissants et limiter les fortes difficultés de recrutement pointées par les acteurs du terrain.
Panorama des secteurs qui recrutent : sciences, santé, sécurité et plus encore
L’appétit des secteurs plus dynamiques ne s’arrête pas à l’ingénierie ou à la recherche fondamentale. France Travail note une demande constante dans la santé, la sécurité et les services scientifiques. Loin de cibler uniquement les ingénieurs, les entreprises élargissent la liste des métiers recherchés pour inclure aussi techniciens, ouvriers qualifiés et cadres techniques dans des domaines comme l’industrie, l’agroalimentaire ou la pharmacie.
Dans les établissements de soins, la pression ne retombe pas : infirmiers, sages-femmes, directeurs d’établissement de santé figurent en tête des profils convoités. Les emplois en CDI se multiplient, que ce soit en métropole ou dans les territoires moins densément peuplés. L’enjeu du recrutement dans ces professions médicales demeure, renforcé par le vieillissement de la population et les nombreux départs à la retraite.
Dans le secteur des services, la restauration conserve une place à part : serveurs de cafés et restaurants restent synonymes de fort turn-over, et fidéliser la main-d’œuvre représente un défi permanent. Les techniciens et agents de maîtrise s’affirment, eux, dans l’industrie et le bâtiment, sur des postes liés à l’automatisation, la maintenance ou la gestion d’équipements. Les entreprises cherchent à renforcer leurs équipes et se heurtent à des difficultés de recrutement persistantes.
L’adaptabilité et la polyvalence apparaissent comme des atouts majeurs. Les offres d’emploi publiées illustrent un renforcement des attentes, que ce soit dans un laboratoire, un atelier, un service hospitalier ou sur un chantier. Pour attirer et retenir ces profils disputés, les entreprises françaises rivalisent d’ingéniosité.
Zoom sur les métiers en S les plus recherchés cette année
L’année 2022 confirme la domination de certains métiers en S sur le marché. Les données de France Travail mettent en lumière la persistance de difficultés de recrutement dans les secteurs à forte technicité, où la demande dépasse l’offre de compétences disponibles. Les hôpitaux, les laboratoires et les entreprises high-tech restent en quête de profils, souvent pour des contrats stables, avec une nette préférence pour l’expérience.
Trois familles de métiers se distinguent tout particulièrement :
- Infirmiers et sages-femmes : ces fonctions médicales dominent la liste des jobs les plus recherchés. La tension s’accroît avec les départs en retraite, et le nombre de nouveaux diplômés peine à combler le fossé.
- Directeurs d’établissement de santé : piloter une structure médicale implique des compétences transversales et de l’expérience. Les opportunités foisonnent, surtout dans les zones où l’offre de soins fait défaut.
- Techniciens qualifiés : industrie, pharmacie, recherche… ces postes exigent rigueur, capacité d’adaptation et maîtrise des outils. Les employeurs misent sur la polyvalence, souvent après plusieurs années sur le terrain.
Sur ces fonctions, la durée indéterminée (CDI) reste la règle, preuve de la volonté de stabiliser les équipes. La capitale n’est plus le seul pôle d’attraction : les besoins s’étendent à la province et aux DROM, y compris à Mayotte. La liste des métiers les plus demandés se transforme, portée par l’évolution démographique et la réorganisation des structures. L’innovation technologique rebat les cartes : la spécialisation reste appréciée, mais la capacité à apprendre rapidement fait la différence.
Ressources et conseils pour se former aux métiers d’avenir
Les profils scientifiques et techniques sont toujours sollicités, mais la compétition pour les meilleurs s’intensifie. Face à la raréfaction des compétences, différents acteurs institutionnels élargissent leur offre de formation et d’accompagnement à la reconversion professionnelle. France Travail accompagne ces évolutions, tout comme Pôle emploi, qui orientent les candidats vers les secteurs porteurs et recommandent des modules adaptés.
Pour ceux qui envisagent un changement ou souhaitent progresser, les solutions abondent. Les plateformes en ligne mettent en avant des cursus certifiants, tandis que les écoles d’ingénieurs et les universités développent de nouvelles passerelles. Qu’il s’agisse de se former à Java, à l’intelligence artificielle ou à la gestion de projet, l’offre se renouvelle sans cesse pour coller à la réalité du terrain.
Plusieurs structures accompagnent concrètement ces démarches :
- France Travail : identifie les besoins réels des employeurs et oriente vers les formations adaptées.
- Pôle emploi : facilite l’accès à des stages, met en relation avec des organismes spécialisés et valorise les parcours atypiques.
- DARES et France Stratégie : publient des études sur les tendances et aident à anticiper les évolutions à venir.
La reconversion professionnelle séduit autant les femmes que les hommes, d’après les derniers bilans. On observe un effet d’entraînement : chaque secteur sous tension attire des profils variés, parfois venus d’horizons inattendus. Le phénomène ne se limite pas à Paris, il gagne aussi les régions. Reste à choisir la spécialité qui donnera une longueur d’avance.
Les métiers en S ne se contentent plus de remplir des cases sur un tableau de recrutement. Ils dessinent les contours d’un futur où la passion pour la science, la soif d’innovation et l’agilité seront les véritables sésames. Qui saisira cette chance de transformer la science en levier d’impact ?