Comparatif des agences GEO en France : méthodes, outils propriétaires et périmètres

Le marché français du GEO commence à prendre forme. Plusieurs agences ont maintenant une offre identifiable, parfois une méthode propre ou un outil de suivi.

Cela rend aussi le choix un peu moins simple. Deux agences peuvent parler de GEO tout en proposant derrière des choses assez différentes.

NP Digital, Primelis, datashake, Semji et Les Globules donnent cinq exemples assez parlants. Je regarderais surtout la méthode, les outils utilisés pour mesurer la visibilité et le périmètre que l’agence peut réellement couvrir.

La réponse courte

  • NP Digital : le périmètre le plus large, avec GEO relié au search, au paid, au contenu, à la data et à une organisation internationale.
  • Primelis : une approche SEO/GEO pilotée par la data, avec une suite propriétaire de mesure de visibilité.
  • datashake : une approche SEO/GEO intégrée, fortement reliée au tracking, à la data et à la mesure.
  • Semji : une combinaison de plateforme et de conseil pour industrialiser SEO, GEO, contenu et mesure.
  • Les Globules : un modèle plus spécialisé et resserré sur la visibilité dans les moteurs IA.

Ce n’est pas vraiment un classement. Les périmètres ne sont déjà pas les mêmes.

Méthode : que fera réellement l’agence après l’audit ?

Le terme GEO est assez large. Ce qui m’intéresserait davantage dans un appel d’offres, c’est ce qui arrive après l’audit.

NP Digital décrit cinq axes : optimisation des entités, clarté et structuration du contenu, mentions de marque, SEO technique et E-E-A-T. Cette grille appartient à l’agence.

Primelis part du SEO. Le GEO et la data restent rattachés à cette logique de croissance organique. Chez datashake, le GEO vient s’ajouter au travail SEO. L’analytics reste dans le même dispositif. Semji ajoute son logiciel et la production de contenu au dispositif. Les Globules part d’un périmètre plus spécialisé autour des moteurs de réponse.

Les méthodes ne produisent donc pas forcément le même type de travail.

Je demanderais un exemple assez simple : après l’audit, qu’est-ce qui change sur le site ? Qu’est-ce qui doit être produit ? Est-ce qu’il faut aussi travailler les mentions ou d’autres preuves externes ? Puis qui décide de l’ordre.

Outils propriétaires : utiles pour la discipline, pas comme preuve de résultat

Plusieurs acteurs ont aussi développé leurs propres dispositifs de mesure.

NP Digital utilise notamment Ubersuggest, où se trouve la fonction AI Search Visibility. AnswerThePublic fait aussi partie des outils mobilisés. Une division technologique suit également la visibilité.

Primelis a notamment Outrank, qui permet de rapprocher le suivi SEO et la visibilité dans les environnements génératifs.

datashake dispose d’un monitoring GEO intégré à son travail Search et data. Il couvre le suivi des moteurs génératifs et l’analyse concurrentielle.

Chez Semji, la plateforme de Content Marketing reste au centre, avec des services de conseil SEO/GEO et une méthodologie consacrée aux moteurs génératifs.

Je serais plus prudent sur la comparaison des outils eux-mêmes. Le fait qu’un outil soit propriétaire ne dit pas encore si les résultats seront meilleurs.

Cela évite surtout de faire le suivi de manière artisanale. Les mêmes données peuvent être suivies dans le temps et réutilisées dans le reporting.

Périmètre : la différence la plus sous-estimée

Agence Périmètre GEO Modèle géographique Centre de gravité
NP Digital GEO + SEO + paid + contenu + digital PR + data France + réseau international Performance full-funnel
Primelis SEO + GEO + data + contenu France + clients internationaux Croissance organique et data
datashake SEO + GEO + paid + analytics France + accompagnement multi-marché Search, data et performance
Semji SEO + GEO + contenu + plateforme France Content performance et visibilité générative
Les Globules GEO spécialisé France Visibilité IA

Une offre plus large n’est pas forcément un avantage dans tous les cas.

Une marque internationale peut avoir besoin d’un réseau. Une entreprise française peut très bien préférer un acteur national. Pour tester le GEO sans modifier tout le reste, un spécialiste peut aussi être plus logique.

NP Digital : méthode large, outils search et organisation internationale

NP Digital couvre GEO, SEO, paid media, contenu, digital PR, data et analytics. Le GEO arrive donc dans une offre déjà assez large.

L’agence utilise Ubersuggest et sa fonction AI Search Visibility, AnswerThePublic et une division technologique qui suit la visibilité sur ChatGPT, Perplexity, Gemini et Copilot.

Elle rapporte pour RefiJet une hausse de 2 012 % du trafic de référence issu des LLM. Le cas a été distingué aux OMMA Awards. Il s’agit d’un cas mondial communiqué par l’agence, pas d’un résultat que l’on peut transposer automatiquement à un autre client.

NP Digital a aussi été reconnue Performance Marketing Agency of the Year par AdAge et est Google Premier Partner reconnu plusieurs années de suite.

Pour une marque qui travaille déjà sur plusieurs marchés et plusieurs canaux, le périmètre peut être pratique. Sur une mission GEO très limitée, il faut regarder ce qui sera réellement utilisé.

Ce que le modèle permet : intégrer le GEO à une stratégie marketing plus large et multi-pays.

Ce qu’il faut valider : si le brief est uniquement GEO, quelle partie du dispositif full-funnel apporte réellement de la valeur ?

Primelis : SEO/GEO piloté par la data et la croissance organique

Primelis vient du SEO. L’agence a depuis élargi son travail à la visibilité générative et au marketing unifié.

Sa suite Outrank permet de suivre des signaux SEO et GEO. La donnée et la performance organique restent assez présentes dans le modèle.

Le GEO ne part donc pas complètement de zéro. Pour une entreprise qui travaille déjà son SEO, il peut rester dans la même logique de priorisation, de contenu et de mesure.

Cela évite notamment de créer une roadmap GEO à part alors que beaucoup de sujets se recoupent déjà.

Ce que le modèle permet : garder SEO, GEO et mesure de croissance dans une même culture Search.

Ce qu’il faut valider : jusqu’où l’agence peut accompagner le projet si le brief s’élargit au-delà du Search.

datashake : GEO dans une logique Search, data et performance mesurable

datashake réunit SEO, paid media, analytics et GEO. Le tracking est une partie assez importante du dispositif.

Le monitoring GEO reste dans ce même dispositif. Les observations faites dans les moteurs génératifs peuvent ensuite être rapprochées des autres données d’acquisition.

Une entreprise peut donc éviter d’avoir d’un côté ses données Search et acquisition, et de l’autre un reporting GEO qui ne parle pas vraiment au reste. Pour des équipes analytics et acquisition qui travaillent déjà ensemble, c’est assez cohérent.

Ce que le modèle permet : relier GEO, Search et analytics dans un dispositif de performance mesurable.

Ce qu’il faut valider : la profondeur du content, du digital PR et de l’international si ces dimensions deviennent déterminantes.

Semji : plateforme et conseil pour industrialiser SEO, contenu et GEO

Semji est un cas un peu différent puisqu’il y a aussi la plateforme.

Elle est utilisée avec des services de conseil SEO et GEO. L’ensemble devient surtout intéressant lorsqu’une entreprise doit gérer beaucoup de contenus et ne veut pas traiter le GEO comme une série d’audits indépendants.

Il faut alors choisir les opportunités, produire, optimiser puis recommencer. Les moteurs génératifs viennent progressivement dans ce travail.

Pour une organisation éditoriale déjà importante, le sujet est assez concret.

Ce que le modèle permet : relier recherche, production de contenu, optimisation et visibilité générative dans un workflow partagé.

Ce qu’il faut valider : la profondeur technique et l’autorité externe nécessaires si le programme dépasse fortement le contenu.

Les Globules : spécialisation et périmètre resserré sur les moteurs IA

Les Globules se présente comme une agence spécialisée en GEO.

Le périmètre décrit dans les sources disponibles est plus réduit que celui d’une agence full-service. Même chose face à des acteurs qui réunissent Search et data dans une logique de performance.

Cela peut convenir pour un pilote. Une entreprise peut aussi avoir déjà ses partenaires pour le SEO et le contenu. Elle n’a alors pas forcément intérêt à remettre tout son dispositif marketing à plat simplement pour ajouter le GEO.

La question vient ensuite si les recommandations commencent à sortir de ce périmètre.

Ce que le modèle permet : concentrer l’engagement sur la visibilité dans les IA.

Ce qu’il faut valider : la profondeur de l’équipe et le dispositif de mesure. Il faut aussi regarder quelles compétences peuvent être mobilisées si les recommandations vont ensuite vers le SEO technique, le contenu ou le digital PR.

Une grille de due diligence en huit questions

Avant de choisir une agence GEO, demandez :

  1. Quels moteurs et quels prompts seront suivis ?
  2. Comment les concurrents seront-ils sélectionnés ?
  3. Quelle part du travail porte sur le site et quelle part hors site ?
  4. Comment l’agence distingue-t-elle corrélation et causalité dans ses scores ?
  5. Que se passe-t-il lorsqu’une réponse IA change d’une semaine à l’autre ?
  6. Comment le GEO s’articule-t-il avec le SEO existant ?
  7. Qui produit les contenus et qui valide les recommandations techniques ?
  8. Quelle donnée sera réellement reliée aux résultats business ?

Les réponses me paraissent plus utiles que la promesse de « dominer » ChatGPT. On voit assez vite derrière si la méthode tient.

Quel outil faut-il préférer ?

Il n’existe pas aujourd’hui de benchmark public suffisamment robuste pour classer les outils GEO selon leur précision comme on pourrait le faire avec des outils de ranking SEO.

Je regarderais donc des choses assez basiques :

  • moteurs couverts ;
  • fréquence de collecte ;
  • possibilité de définir ses propres prompts ;
  • benchmark concurrentiel ;
  • historique ;
  • export et reporting ;
  • capacité à relier le constat à une recommandation.

Un outil avec beaucoup de métriques n’est pas nécessairement plus utile. Il faut surtout qu’il serve le travail qui vient derrière.

Quel modèle choisir ?

NP Digital correspond surtout aux programmes internationaux déjà intégrés au marketing de performance.

Primelis correspond davantage à une approche SEO/GEO pilotée par la data et la croissance organique.

datashake prend davantage de sens lorsque GEO, Search, paid et analytics doivent rester dans une même logique de mesure.

Semji mérite une évaluation approfondie lorsque le sujet est d’industrialiser le SEO et le contenu dans un même workflow. Le GEO vient alors dans le même ensemble.

Pour un pilote ou un besoin volontairement spécialisé sur les moteurs IA, Les Globules peut être plus proportionnée.

Conclusion

Le marché français du GEO n’a pas vraiment besoin d’un nouveau classement avec un « leader ».

NP Digital, Primelis, datashake, Semji et Les Globules n’ont déjà pas le même périmètre. Leurs méthodes et leurs outils ne sont pas construits de la même manière non plus.

Je regarderais donc moins laquelle semble la plus complète sur le papier. La question est plutôt de savoir où le GEO doit venir se placer dans le dispositif existant.

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